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1. Quelques donn�es sur les cryptosyst�mes

1.1 Qu'est ce qu'un cryptosyst�me ?

Les missions essentielles d'un cryptosyst�me sont au nombre de trois :

On peut donc d�finir un cryptosyst�me comme un syst�me assurant la confidentialit�, l'int�grit� et l'authentification de messages transitant sur des canaux de communications. Pour certaines utilisations, comme l'�tablissement de contrats ou de preuves, un cryptosyst�me peut aussi devoir assurer la non r�pudiation de messages, c'est � dire assurer qu'il soit impossible � quiconque de r�pudier un de ses messages.

1.2 Qu'est ce qu'un cryptosyst�me � clef publique ?

Jusqu'en 1976, les cryptosyst�mes reposent sur une seule clef. Cette clef est utilis� � la fois pour le chiffrement et et pour le d�chiffrement, de sorte que quiconque poss�de cette clef est capable de lire et d'�crire n'importe quel message chiffr� avec cette clef. Ces cryptosyst�mes posent de fait deux pr�alables � leur utilisation :

  1. l'exp�diteur et le destinataire doivent s'�changer la clef de chiffrement avant de pouvoir s'�changer des messages chiffr�s,
  2. l'�change de la clef n�cessite l'existence d'un canal de transmission prot�g� de toute �coute ext�rieure pour �viter qu'un intrus puisse prendre connaissance de la clef de chiffrement.
Ces deux pr�alables �tant tr�s difficiles � satisfaire dans la plupart des cas, Whitfield DIFFIE et Martin HELLMAN proposent en 1976 un nouveau principe de cryptosyst�me : la cryptographie � clef publique. Les cryptosyst�mes de ce type utilise deux clefs aux roles bien distincts. La premi�re clef est dite clef publique puisqu'elle est connu de tout un chacun. C'est la clef publique du destinataire d'un message qui est utilis�e pour chiffrer un message � son intention. La seconde clef, dite clef priv�e, est connue seulement de son propri�taire et sert � d�chiffrer les messages chiffr�s avec sa clef publique. Le caract�re publique de la premi�re clef permet l'�change de messages entre deux personnes sans communication directe pr�alable entre les deux parties, ni canal de transmission prot�g�.

Si la clef priv�e vient a �tre d�couverte par un intrus, le secret des messages chiffr�s avec cette clef priv�e et la clef publique correspondante est compromis. Le plus grand soin doit donc �tre apporter � la pr�servation du secret de la clef priv�e. En particulier, cette clef ne doit JAMAIS �tre communiqu� � travers un canal moins qu'absolument s�r. Une cons�quence est que, sur un plan pratique, l'utilisation de GnuPG � travers une connexion r�seau est � proscrire si ce r�seau est un tant soit peu accessible � des personnes ext�rieures. Il va sans dire que la s�curit� est une chaine dont le niveau est �gal � celui de son plus faible maillon.

1.3 Qu'est ce qu'une signature num�rique ?

Contrairement � ce que son nom peut laisser penser, une signature num�rique est bien plus que le pendant num�rique de la signature manuscrite. En effet, la signature num�rique est fonction de l'exp�diteur et du contenu du message. Une signature t�moigne donc simultannement de l'authenticit� de l'origine suppos�e et de l'int�grit� d'un message. Par exemple, l'utilisation syst�matique des signatures des paquets ou des patchs install�s sur votre syst�me r�duit consid�rablement les risques de chevaux de Troie.

Techniquement parlant, une signature num�rique n'est rien d'autre qu'une clef de hachage calcul�e sur tout le message et qui est chiffr�e avec la clef secr�te de l'exp�diteur *8) V�rifier la signature d'un message revient donc simplement � recalculer la clef de hachage � partir du texte d�chiffr� et � la comparer avec la signature d�chiffr�e � l'aide de la clef publique de l'exp�diteur suppos�. Si les deux clefs sont identiques, la signature est dite valide, c'est � dire que l'on peut raisonnablement penser que l'exp�diteur du message est bien celui qu'il pr�tend �tre et que le message n'a pas �t� modifi� au cours de sa transmission.

1.4 Pourquoi signer une clef publique ?

Le talon d'Achille des cryptosyst�mes � clef publique r�side dans la distribution des clefs publiques. En effet, si un intrus r�ussi � vous faire accepter sa clef publique comme la clef publique d'un de vos interlocuteurs, il pourra lire tous vos messages et m�me y r�pondre en se faisant passer pour votre interlocuteur ! S'il fait suivre vos messages � votre interlocuteur en utilisant la v�ritable clef publique de votre interlocuteur, il vous serra en plus tr�s difficile de d�couvrir qu'un intrus lit tous vos messages.

La solution adopt�e par PGP, et donc par GnuPG, consiste � signer les clefs publiques. L'id�e est que si vous disposez d'une clef publique en laquelle vous avez toute confiance alors vous pouvez �tendre votre confiance � toutes les clefs publiques sign�e par cette clef, apr�s en avoir v�rifier la signature, bien s�r. Une fois que vous accordez votre confiance � ces nouvelles clefs, vous pouvez vous en servir pour v�rifier d'autres clefs, et ainsi de suite. Le probl�me se r�duit maintenant � comment faire confiance � cette premi�re clef. La solution consiste � disposer d'un canal de communication assurant l'int�grit� et l'authentification des messages pour comparer l'empreinte d'une clef publique que vous avez re�ue � l'empreinte calcul�e par le propr�taire de la clef publique. Ce canal peut, par exemple, �tre le t�l�phone ou une rencontre directe.

GnuPG vous permet de modifier le niveau de confiance, variant de 1 (je ne sais pas) � 4 (confiance totale), de chacune des clefs publiques en votre possession. GnuPG sait �galement calculer automatiquement le niveau de confiance d'une clef en fonction des niveaux de confiance des signatures de cette clef. Vous devez donc n'accorder votre confiance qu'avec le plus grand soin si vous ne voulez pas compromettre la s�curit� de votre cryptosyst�me et des cryptosyst�mes de tous ceux qui vous font confiance !

1.5 Qu'est ce qu'un certificat de r�vocation ?

Lorsqu'une clef ne vous convient plus, que ce soit parce que la clef priv�e a �t� d�couverte ou parce que la longueur de la clef s'av�re trop petite ou pour n'importe quelle autre raison, vous pouvez r�voquer cette paire de clefs. Un certificat de r�vocation vous permet de faire savoir publiquement que vous n'utilisez plus une de vos paires de clefs. Pour �viter que n'importe qui puisse g�n�rer un tel certificat, ce dernier est sign� par la clef priv�e de la paire � r�voquer. La validit� d'un certificat de r�vocation est ainsi aisement v�rifiable par tout un chacun.

1.6 Est-il possible de lire mes messages chiffr�s sans mon accord lorsque j'utilise GnuPG ?

La confidentialit� des messages que vous �changez en utilisant GnuPG ne d�pend �videmment pas seulement de la qualit� de GnuPG ou des algorithmes choisis, m�me si cette derni�re y est pour beaucoup. L'�valuation du niveau de confidentialit� de vos messages doit prendre en compte l'ensemble de votre syst�me. Le niveau de confidentialit� de PGP semble tout � fait raisonnable puisqu'aucune histoire d'attaque r�ussi sur PGP n'a filtr� � ce jour. Bien s�r, si une entit� quelconque a r�ussi � casser PGP, il est peu probable qu'elle l'annonce publiquement mais de nombreux experts ont attentivement �tudi�s les algorithmes utilis�s sans y d�couvrir de faille. Cependant, m�me si PGP semble raisonnablement s�r, il reste de nombreuses autres voies d'attaque, principalement par le biais de votre syst�me d'exploitation, par exemple en y installant � votre insu un programme charg� d'analyser ce que vous tapez sur votre clavier � la recherche de votre phrase clef pour l'envoyer ensuite par le r�seau � une adresse bien pr�cise ! Si vous pensez qu'il s'agit de fiction, pensez � la facilit� avec laquelle les virus s'installent sur certains syst�mes d'exploitation. Ces syst�mes d'exploitation, m�me tr�s r�cents, sont particuli�rement sensibles � ce type d'attaques et sont � proscrire d�s lors que le niveau des intrus potentiels d�passe celui d'un novice en informatique. Inutile en effet d'utiliser un cryptosyst�me n�cessitant une puissance de calcul titanesque pour casser un message si votre syst�me d'exploitation est une v�ritable passoire ! Mais votre syst�me d'exploitation n'est pas le seul angle d'attaque possible, une phrase clef trop simple � deviner, un pense-b�te sur votre bureau, l'acceptation d'une clef publique sans trop de v�rification, etc sont autant de moyens permettant de compromettre la confidentialit� de vos �changes, et ceci sans parler de moyens plus co�teux ou plus sophistiqu�s.

Ces remarques n'ont pas pour objet de vous rendre parano�aque, mais de vous faire prendre conscience que la s�curit� est un tout. La cryptographie n'est la panac�e dans ce domaine. Il vous faut aussi comprendre que la confidentialit� absolue est irr�alisable (sauf si vous n'avez plus besoin d'acc�der au contenu d'un message une fois ce message chiffr�), mais vous n'avez probablement pas besoin d'un telle confidentialit�. L'id�al est d'adapter vos moyens � la menace.


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